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La boîte à outils

Comment réagir lorsqu'un enfant est "vilain"?

Prenons un exemple qui pourrait être vécu d'une manière différente, dans d'autres circonstances, mais avec des simillitudes quant à l'action:

Voilà la situation.

Un petit garçon qui hurle, trépigne, tape des poings contre la paroi...

"Supporterez-vous?"  Vous répondrez peut-être:

"Pas vraiment! Je lui dirais d'aller se cacher dans sa chambre; que je n'aime pas les garçons qui sont comme lui. Il me fait honte, que vont dire les voisins? Que je suis une mère /père incapable de maîtriser, discipliner mon enfant? Ils me traiteront d' incapable, se moqueront de moi, oui, c'est ça".

Cet exemple pourrait être une situation vécue aux quatre coins de la planète... elle est si humaine! Pourtant, la réaction de cette maman/ce papa, (nous parlerons de maman pour simplifier la lecture) donc, la réaction de cette maman,  face à la colère de son fils, n'est en fait pas le souci de ce que son fils vit, mais bien son propre confort. Elle imagine ce que les voisins peuvent ou pourront dire d'elle. Une mère incapable d'élever ses enfants. Elle est donc furieuse contre elle-même, contre son fils qui l'expose à la honte. l'ordre donné à ce dernier va être:"va dans ta chambre" et ne veut-il pas plutôt dire: " Je ne supporte plus ma honte". 

Quel est le fond du problème? Qu'est-ce que cette jeune mère a vécu elle-même dans sa propre enfance, qu'est-ce qui fait écho en elle. Cette mère aurait besoin de parler d'elle, d'être écoutée et entendue, petu-être guérie de ses propres souffrances.

L'enfant, lui, risque de ne pas savoir gérer les conflits lorsqu'il sera adulte. Il aura de la peine à faire valoir ses droits autrement que par la colère. Il aura aussi le sentiment qu'il faut être gentil, si l'on ne veut pas être renvoyé et développer une attitude d'évitement face aux figures d'autorité.

Prenons la même situation mais dans une attitude constructive,  en tenant compte de ce qui se passe au niveau de l'enfant: Il y a un enfant en colère. Il a peut-être trois ans, quatre tout au plus. Un petit garçon qui hurle, trépigne, tape des poings contre la paroi..." et un adulte qui assiste à la scène.

"Tu es très en colère, n'est-ce pas? "

"Oui, ze suis très en colère..." Répond l'enfant. "Est-ce que tu veux bien me dire pourquoi tu es si en colère?" dit l'adulte.

" Parce que mon copain.. il a volé mon camion rouge". L'enfant se met à pleurer bruyamment.

"Il a volé ton camion rouge?"... "Ce n'est pas beau ça... je comprends que tu sois en colère!" Répond l'adulte.

L'enfant s'arrête de pleurer, il regarde l'adulte, les yeux rougis et explique: " Oui, ze lui ai prêté et... il est parti avec..."

Voilà que nous sommes au coeur du problème. " Est-ce que sa maman était avec lui ? " Et l'enfant de répondre doucement " Oui". " Et elle n'a rien dit? "Répondrez-vous probablement. " Non, elle n'a rien dit."

"Je suis aussi fâchée" pouriez-vous dire alors, "viens, donne-moi la main, nous allons voir chez ton copain ce qui se passe" . L'enfant se mettra à sourire timidement, puis gambadera  à côté de vous. Ensemble vous irez quelques pâtés de maisons plus loin et vous sonnerez à la porte, désignée par le petit. La porte s'ouvrira, il faut l'espérer!: " Bonjour Madame, excusez-nous de vous déranger, mais il semble que votre fils ait emporté le camion rouge du petit que voilà"

Puis en se tournant vers l'enfant:. "Peux-tu expliquer à cette maman ce qui s'est passé ?" Et le petit racontera... jusqu'à ce qu'intervienne par la porte entrebaillée de sa chambre le copain, avec le camion à la main. " Tu me l'as donné!" " Non, je te l'ai prêté..." Suivent alors les explications quant à la signification du mot voler et du mot prêter. La maman du copain encouragera son fils à redonner le camion... le copain, lui, jettera, fort probablement son camion par terre en disant:" il est pas beau ton camion... ze le veux pas ton camion... " Il sera certainement très fâché à son tour.

Le copain qui ne supporte pas d'être dépouillé et face à son dépit, trouve une solution pour se détourner de sa propre culpabilité en dénigrant le camion. Le petit quant à lui, aura découvert que l'agir vallait mieux que le réagir, les cris et la colère. En parlant, en exprimant avec la parole ses sentiments, il peut obtenir gain de cause. Il réalisera qu'il a sa place aussi, dans la société qui l'entoure. Il existe.

Simples à comprendre et simple à appliquer, ces « bons outils », des attitudes, des mots qui construisent!

Béatrice Beauverd

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